L'unité est la catégorie mise en place pour découper la structure textuelle et attribuer le rang à chacun des paliers qui sont établis en vue de réaliser l'analyse des textes produits en conformité aux modèles grammaticaux. Les unités de la grammaire forment une hiérarchie. Pour formuler des explications à propos d'un texte en respectant la structure hiérarchique des éléments, le besoin d'une échelle conversationnelle se fait sentir très tôt et celle dont la convenance s'impose a trait à la taille de l'unité. Pour aller de la plus grande à la plus petite unité, il faut mettre en place une échelle qui range ces unités, échelon par échelon, de telle sorte que leurs tailles soient identifiées par des rangs de grandeur. En français, l'analyse des textes est fondée sur une hiérarchie qui, selon les usages de la grammaire scolaire classique, tient compte de cinq rangs.
Benveniste emploie plutôt le terme niveau pour faire référence au rang. (Voir commentaire 4 sous ce texte)
L'unité qui a la taille la plus grande est placée en tête de la hiérarchie, c'est la phrase; les autres unités s'inscrivent à la suite, la proposition, le groupe, le mot et le morphème. Ne sont pas considérés comme des rangs dont on tiendra compte dans cette étude, celui du paragraphe et celui du texte pris dans sa totalité; ils sont plus englobants. Pour plusieurs, le morphème n'est pas non plus considéré comme une unité d'analyse du texte,il est de l'ordre d'analyse du mot. Voir en ligne : http://www.cours.fse.ulaval.ca/frn-19972/mediagl/docle/vs/lfvs/lfvsch3/vscha3.html
http://www.georgetown.edu/spielmann/courses/txt/laphrase.htm (Guy Spielmann, professeur. Georgetown University)
Benveniste (Émile, dans Problèmes de linguistique général, 1966,p. 22-23) propose aussi une terminologie qui distingue des unités de plusieurs types. «Les unités de la langue relèvent ... de deux plans : syntagmatique quand on les envisage dans leur rapport de succession matérielle au sein de la chaîne parlée, paradigmatique quand elles sont posées en rapport de substitution possible, chacune à son niveau et dans sa classe formelle.
Rédigé par: G. Lemire | 12 janvier 2006 à 16:35
Plus avant dans son ouvrage (p. 21) Problèmes de linguistique générale, Benveniste montre ainsi les rapports existant entre unité et stucture : «C'est d'abord ce qu'on entend par structure : des types particuliers de relations articulant les unités d'un certain niveau.»
Et suit un paragraphe qui comporte les concepts clés du courant systémique en linguistique : élément, unité, système, relation et structure ; il n'y a que le concept de classe qui est omis. «Chacune des unités d'un système se définit ainsi par l'ensemble des relations qu'elle soutient avec les autres unités, et par les oppositions où elle entre ; c'est une entité relative et oppositive,disait Saussure. On abandonne donc l'idée que les données de la langue valent par elles-mêmes et sont des 'faits' objectifs des grandeurs absolues, susceptibles d'être considérées isolément. En réalité les entités linguistiques ne se laissent déterminer qu'à l'intérieur du système qui les organise et les domine, et les unes par rapport aux autres. Elles ne valent qu'en tant qu'éléments d'une structure. C'est tout d'abord le système qu'il faut dégager et décrire. On élabore ainsi une théorie de la langue comme système de signes et comme agencement d'unités hiérarchisées.»
Rédigé par: G. Lemire | 08 février 2006 à 11:39
Dans le commentaire 1, je rappelle les deux plans desquels relève l'unité dans la structure linguistique, Benveniste explique succinctement les rapports entre ces deux plans (p. 22), il précise : le plan syntagmatique «quand on les [-les unités-¨] envisage dans leur rapport de succession matérielle au sein de la chaîne parlée, paradigmatique quand elles sont posées en rapport de substitution possible, chacune à son niveau et dans sa classe formelle. Décrire ces rapports, définir ces plans, c'est se référer à la structure formelle de la langue ; et formaliser ainsi la description, c'est -sans paradoxe- la rendre de plus en plus concrète en réduisant la langue aux éléments signifiants dont elle se constitue uniquement et en définissant ces éléments par leur relevance mutuelle.»
Rédigé par: G. Lemire | 10 février 2006 à 11:14
Rang ou niveau, ce qui importe c'est que l'on s'en serve pour fragmenter le texte en ces éléments compte tenu de l'angle à partir duquel l'observation linguistique est faite. Si c'est le rang 3 (encore appelé l'échelon 3 de l'échelle de rangs, -ou bien encore, à partir de la terminologie employée par Benveniste, le niveau 3-, celui des groupes.
Il est utile de rappeler la position de J. Lyon (Linguistique générale. Introduction à la linguistique, par John Lyon Larousse 1970 - en anglais, Cambridge University Press 1968-). Il considère ces unités dans une hiérarchie de rangs.
«La relation qui existe entre les cinq unités de description grammaticale, dans les langues pour lesquelles elles sont établies toutes les cinq, est une relation de composition. Si la phrase est l'unité supérieure, et si le morphème est l'unité inférieure, on peut disposer les cinq unités en une hiérarchie de rangs (phrase, proposition, syntagme, mot, morphème), en disant que les unités de rang supérieur sont composées d'unités de rang inférieur. Inversement, on peut dire que les unités de rang supérieur peuvent s'analyser (ou se décomposer) en unités de rang inférieur.» p. 132
Rédigé par: G. Lemire | 12 février 2006 à 19:06
Dans le Dictionnaire de linguistique de Larousse, unité est définie en tant qu'unité linguistique. Il s'agit d'«un élément discret identifié à un certain niveau ou rang. ... Chaque unité linguistique est définie par les rapports qu'elle entretient avec les autres unités linguistiques dans un système donné ; elle est donc définie par sa place et sa position dans ce système.» p. 502
Rédigé par: G. Lemire | 18 février 2006 à 00:16
Au rang 1 de l'échelle, la phrase figure comme unité dont la taille est la plus grande. Benveniste rappelle que «La phrase, création indéfinie, variété sans limite, est la vie même du langage en action... avec la phrase on quitte le domaine de la langue comme système de signes, et l'on entre dans un autre univers, celui de la langue comme instrument de communication, dont l'expression est le discours» (Benveniste, 1966, p. 129)
Rédigé par: gilleslemire | 24 avril 2006 à 23:58