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Supertermes en grammaire

  • Niveau ou rang
    Les niveaux de l'analyse linguistique par É. Benveniste «Quand on étudie dans un esprit scientifique un objet tel que le langage, il apparaît bien vite que toutes les questions se posent à la fois à propos de chaque fait linguistique, et qu'elles se posent d'abord relativement à ce que l'on doit admettre comme fait, c'est-à-dire aux critères qui le définissent tel. Le grand changement survenu en linguistique tient précisément en ceci: on a reconnu que le langage devait être décrit comme une structure formelle, mais que cette description exigeait au préalable l'établissement de procédures et de critères adéquats, et qu'en somme la réalite de l'objet n'était pas séparable de la méthode propre à le définir. On doit donc, devant l'extrême complexité du langage, viser à poser une ordonnance à la fois dans les phénomènes étudiés, de manière à les classer selon un principe rationnel, et dans les méthodes d'analyse, pour construire une description cohérente, agencée selon les mêmes concepts et les mêmes cntères.» «La notion de niveau nous paraît essentielle dans la détermination de la procédure d'analyse. Elle seule est propre à faire justice à la nature articulée du langage et au caractère discret de ses éléments; elle seule peut nous faire retrouver, dans la complexité des formes, l'architecture singulière des parties et du tout. Le domaine où nous l'étudierons est celui de la langue comme système organique de signes linguistiques.» Dans Problèmes de linguistiqe générale Paris, Éditions Gallimard, 1966. p. 119
  • Unité
    Benveniste souligne qu'«au lieu de considérer chaque élément en soi et d'en chercher la cause dans un état plus ancien, on l'envisage comme partie d'un ensemble synchrone ; l'«atomisme» cède la place au «structuralisme». ... on recense des unités de plusieurs types ...» Problèmes de linguistique générale. 1966. P. 22
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06 janvier 2006

Commentaires

G. Lemire

Benveniste (Émile, dans Problèmes de linguistique général, 1966,p. 22-23) propose aussi une terminologie qui distingue des unités de plusieurs types. «Les unités de la langue relèvent ... de deux plans : syntagmatique quand on les envisage dans leur rapport de succession matérielle au sein de la chaîne parlée, paradigmatique quand elles sont posées en rapport de substitution possible, chacune à son niveau et dans sa classe formelle.

G. Lemire

Plus avant dans son ouvrage (p. 21) Problèmes de linguistique générale, Benveniste montre ainsi les rapports existant entre unité et stucture : «C'est d'abord ce qu'on entend par structure : des types particuliers de relations articulant les unités d'un certain niveau.»
Et suit un paragraphe qui comporte les concepts clés du courant systémique en linguistique : élément, unité, système, relation et structure ; il n'y a que le concept de classe qui est omis. «Chacune des unités d'un système se définit ainsi par l'ensemble des relations qu'elle soutient avec les autres unités, et par les oppositions où elle entre ; c'est une entité relative et oppositive,disait Saussure. On abandonne donc l'idée que les données de la langue valent par elles-mêmes et sont des 'faits' objectifs des grandeurs absolues, susceptibles d'être considérées isolément. En réalité les entités linguistiques ne se laissent déterminer qu'à l'intérieur du système qui les organise et les domine, et les unes par rapport aux autres. Elles ne valent qu'en tant qu'éléments d'une structure. C'est tout d'abord le système qu'il faut dégager et décrire. On élabore ainsi une théorie de la langue comme système de signes et comme agencement d'unités hiérarchisées.»

G. Lemire

Dans le commentaire 1, je rappelle les deux plans desquels relève l'unité dans la structure linguistique, Benveniste explique succinctement les rapports entre ces deux plans (p. 22), il précise : le plan syntagmatique «quand on les [-les unités-¨] envisage dans leur rapport de succession matérielle au sein de la chaîne parlée, paradigmatique quand elles sont posées en rapport de substitution possible, chacune à son niveau et dans sa classe formelle. Décrire ces rapports, définir ces plans, c'est se référer à la structure formelle de la langue ; et formaliser ainsi la description, c'est -sans paradoxe- la rendre de plus en plus concrète en réduisant la langue aux éléments signifiants dont elle se constitue uniquement et en définissant ces éléments par leur relevance mutuelle.»

G. Lemire

Rang ou niveau, ce qui importe c'est que l'on s'en serve pour fragmenter le texte en ces éléments compte tenu de l'angle à partir duquel l'observation linguistique est faite. Si c'est le rang 3 (encore appelé l'échelon 3 de l'échelle de rangs, -ou bien encore, à partir de la terminologie employée par Benveniste, le niveau 3-, celui des groupes.
Il est utile de rappeler la position de J. Lyon (Linguistique générale. Introduction à la linguistique, par John Lyon Larousse 1970 - en anglais, Cambridge University Press 1968-). Il considère ces unités dans une hiérarchie de rangs.
«La relation qui existe entre les cinq unités de description grammaticale, dans les langues pour lesquelles elles sont établies toutes les cinq, est une relation de composition. Si la phrase est l'unité supérieure, et si le morphème est l'unité inférieure, on peut disposer les cinq unités en une hiérarchie de rangs (phrase, proposition, syntagme, mot, morphème), en disant que les unités de rang supérieur sont composées d'unités de rang inférieur. Inversement, on peut dire que les unités de rang supérieur peuvent s'analyser (ou se décomposer) en unités de rang inférieur.» p. 132

G. Lemire

Dans le Dictionnaire de linguistique de Larousse, unité est définie en tant qu'unité linguistique. Il s'agit d'«un élément discret identifié à un certain niveau ou rang. ... Chaque unité linguistique est définie par les rapports qu'elle entretient avec les autres unités linguistiques dans un système donné ; elle est donc définie par sa place et sa position dans ce système.» p. 502

gilleslemire

Au rang 1 de l'échelle, la phrase figure comme unité dont la taille est la plus grande. Benveniste rappelle que «La phrase, création indéfinie, variété sans limite, est la vie même du langage en action... avec la phrase on quitte le domaine de la langue comme système de signes, et l'on entre dans un autre univers, celui de la langue comme instrument de communication, dont l'expression est le discours» (Benveniste, 1966, p. 129)

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